La jeunesse fait-elle le talent ?

La jeunesse fait-elle le talent ?

31.05.2017 By Marie.Michel-Dansac

La dernière enquête internationale de Cubiks* démontre que la perception des individus au sujet de leur propre talent change tout au long de leur carrière. Lorsqu’on leur demande « Vous considérez-vous comme un 
talent ? », 90 % des participants de la catégorie des plus jeunes (21-29 ans) répondent positivement, pour seulement 50 % des 60-69 ans. 
En effet, la proportion de personnes se considérant comme des talents diminue avec l’âge.

 

 

Vous considérez-vous comme un talent ?
(% de personnes ayant répondu « oui »)

 


 

 

 

En complément, on note une relation similaire entre cette perception et le niveau d’ancienneté. 95% des managers juniors se considèrent comme des talents, comparés à seulement 74%  des managers intermédiaires.

 

Ces statistiques soulèvent un bon nombre de questions ; pourquoi les personnes les plus jeunes sont-elles plus enclines que leurs collègues plus âgés à se considérer comme des talents ? Pourquoi ce phénomène s’accroit-il lorsque le niveau d’ancienneté est plus faible ? 

 

Voici quelques témoignages de David Lawton et Henrik Turk Vom Stein (Cubiks) ainsi que d’Antonella Sabatini (SKF) qui partagent leur expérience dans le domaine de l’identification des talents.

 

David Lawton, Partenaire et Country Manager, Cubiks Royaume-Uni :


« En ce qui concerne les talents ou les hauts potentiels, le principal critère pour les entreprises est une évolution rapide vers des postes seniors. En suivant ce parcours, les individus confirment leur potentiel.
Plus on est âgé, moins importante est la prise en compte du potentiel. Les employés plus âgés ont atteints ou en tout cas sont plus proches de leur 

« maximum ».

 

 

Henrik Turk Vom Stein, Principal Consultant, Cubiks Allemagne :

 

« En Allemagne, le débat sur le talent a beaucoup changé durant ces dernières années. Il y a 30 ou 40 ans, cela ne se passait pas très bien lorsque les jeunes employés voulaient donner un coup d’accélérateur à leur carrière. En effet, on attendait d’eux qu’ils travaillent dur jusqu’à ce que l’entreprise décide de reconnaître leurs efforts. Mais aujourd’hui, les demandes de développement sont souvent considérées comme une caractéristique des talents. On attend de plus en plus des individus  qu’ils soient proactifs dans leur propre développement et qu’ils fassent des demandes d’évolution.

Alors que ce changement parle bien à la Génération Y, il s’agit plutôt d’un défi pour les autres générations habituées à une autre façon de procéder. Lorsque je coache des clients plus âgés, je relève souvent une sorte de nostalgie d’une époque où les choses étaient plus stables, et où rester dans une même entreprise en faisant le même travail menait à une progression. Pour la Génération Y, il est très clair que la loyauté envers une entreprise est directement liée au développement et aux opportunités de carrière. Cependant, elle reconnaît mieux son propre potentiel et n’hésite pas à changer de poste et même d’employeur pour atteindre ses objectifs. »

 

 

Antonella Sabatini, Corporate Recruiter, SKF Pays Bas :

 

« Je pense que bien souvent, même trop souvent, le talent est associé à la jeunesse et au potentiel pour devenir un futur leader. J’ai travaillé avec les consultants de Cubiks afin d’identifier les talents parmi nos jeunes ingénieurs, et le processus m’a appris que l’identification des talents est très complexe. Il y a un certain nombre de facteurs à prendre en compte, mais le potentiel, la performance et la motivation restent des facteurs clés pour notre entreprise ». 

 

*Données issues de l’enquête internationale de Cubiks sur le développement.